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Chronique

Éditoriaux 2021-2007

 

étoile Zadig

 

Photo Françoise Cactus - DRFrançoise Cactus (1964-2021) était une figure de la scène berlinoise, en même temps qu'une artiste emblématique de la scène musicale européenne. Typisch Berlinerin avec l'indécrottable accent d'une Französin, elle a cumulé les statuts d'hirondelle des faubourgs et d'artiste polymorphe. Choisi son nom de scène en hommage aux chansons de Dutronc et Lanzmann. Provoqué les esprits, décalé tous les genres, désarbitré les élégances. Pratiqué la peinture et le dessin. Milité l'air de rien contre la crapulerie des faux-semblants. Joué de la batterie devant des salles combles, aussi bien que devant trois pelés.

Dans la vie il y a des Cactus. Nous nous piquons de le savoir, et avons une pensée émue pour elle et tous ses proches...

Photo © Françoise Cactus

   

étoile Zadig

 

City lights BookshopPhoto M. Rebaudengo

En ces jours de promesses de printemps, la librairie ZADIG se doit de rendre hommage à Lawrence Ferlinghetti (1919-2021), décédé il y a quelques jours à San Francisco et fondateur de la mythique librairie-maison d'édition CITY LIGHTS, dont il resta co-animateur et gérant jusqu'à ses 101 ans !

Lieu de contre-culture joyeuse et d'activisme livresque – qui fit paraître avec courage l'immense chef-d'œuvre Howl d'Allen Ginsberg en 1956 –, CITY LIGHTS est un lieu de référence dont les mots placardés aux fenêtres disaient l'essentiel à notre goût (photo) il y a quelques années, pour qui déambule devant un lieu dédié aux livres :

OPEN DOOR - OPEN BOOKS - OPEN MIND - OPEN HEART ...

Nous adressons de tout cœur toutes nos amitiés européennes et berlinoises, ainsi que nos pensées recueillies, aux équipes en action de notre cher et grand confrère californien !

  

Vitrine ZADIG hiver 2021En attendant, venez nous retrouver côté jardin. Regardez notre page d'accueil pour voir un peu ce qui foisonne, en nos murs et derrière nos vitrines. Dès que chantent les oiseaux, venez cueillir chez nous les roses de la vie. Boire au miroir de nos miroirs d'images et de mots. Vous fournir au hasard de quelques livres sélectionnés par nous, ou en commander d'autres, que nous n'aurions pas en réserve.

Même si l'époque est compliquée, qu'il y a le Tigrou ou la Karaba (pardon le Tigré ou le Karabagh) qui se réveillent, n'oublions pas d'avoir une pensée malicieuse et futile pour les enfants du monde qui aimeraient sortir des mots compassés des médias en ligne. Sur le mode des poésies qui parfois viennent de loin : frères et sœurs humaines et mains, citadines et daims qui ne redoutez pas plus que ça au final l'emprise du variant lambda d'une improbable prise de conscience planétaire.

Surtout n'oubliez  pas de réclamer des contes, ni de tout reconstruire en puisant dans les livres !

Photo : Nathalie Heyblom
 
 
étoile ZADIG
 

 

  

 

Ubu Roi de Jarry

Dans le cœur historique de Berlin-Mitte depuis 2003, ZADIG propose plus de 9000 titres – des dernières parutions aux classiques franco-allemands, en passant par une large sélection de livres jeunesse et de bandes dessinées.

Événements et lectures rythment son action culturelle quand la situation le permet, et reprendrons n'en doutons pas, quand s'achèveront ces ubuesques temps.

Depuis mars 2020, les autorités sanitaires de la ville-État de Berlin nous autorisent à rester ouverts en tant que commerçants de détail de denrées essentielles...

Nous ne nous priverons pas d'honorer ce défi, avec la joie et plaisir de proposer nos sélections de nouveautés comme de coutume, notre équipe s'employant à répondre à toutes vos demandes le plus efficacement possible !

Venez donc découvrir nos suggestions d’essais utiles et instructifs pour la pensée. Nos coups de cœurs de toute l'année et tous les temps en littérature d'évasion, de révolte ou de distraction.

Ainsi que tout un florilège d'albums illustrés et innovants. De bandes dessinées distractives autant qu'instructives, pour les adultes comme les enfants, sans oublier les cartes postales, les jeux de société ou les carnets pour dessiner et prendre note !

  

Bonne année 2021 à toutes et tous !


étoile Zadig

 

 Vivement les fêtes à venir

Couverture livre Vivement Noël
© Hoëbeke, 1997
En 2020 cela a fait un précédent sur tout le continent : les autorités sanitaires de la ville-État de Berlin on considéré les librairies comme des commerces de biens essentiels.
 
Nous avons donc la joie et le plaisir de proposer en nos murs et sur nos étals des sélections de nouveautés comme chaque année, même si c'est avec quelques aménagements de circonstance...
 
Préparez donc à votre guise votre tenue de bal masqué et venez découvrir nos suggestions d’essais utiles et instructifs pour la pensée ! Tous nos coups de cœurs de l'année en littérature d'évasion, de révolte ou de distraction... Et tout un florilège d'albums illustrés innovants, de la bande dessinée pour les adultes aux volumes pour enfants. En passant par les cartes postales et jeux de société, ou les carnets pour dessiner ou prendre note.
 
Vivement les fêtes à venir, dans nos cours intérieures et nos logis garnis de livres. Avec une pensée pour ceux et celles qui n'ont pas les moyens d'une trêve de Noël bien méritée.
Joyeux temps de l'Avent à toutes et tous !
 
étoile Zadig
 
 
Image porte-clés pangolinLa pandémie du pangolin se poursuit donc – même si aux dernières nouvelles elle n'est plus forcément due à ladite bestiole (celle qui se met en boule et ressemble au logo de firefox™) –. Certaines gadgetteries d'extrême-orient ont proposé le pangolin comme emblême de porte-clé au début des années deux mille. Nous vous en proposons un cliché, histoire d'introduire le débat en cette non-Saint-Sylvestre annoncée. Que l'on se passe le mistigi ou l'écouvillon à virus, pourquoi pas une introspection sur nos colifichets ? Toutes ces petites marottes que nous avons, qui construisent nos idées. Ces préjugés sur nous-mêmes et nos références...
  

Coouverture livre ZagdanskiIl y a vingt ans tout juste paraissait un inénarrable livre de Stéphane Zagdanski, rendant hommage à l′une des icônes masculines de référence de la Résistance mondiale – juste après Orwell et Che guevara, pourrait-on dire – dont la 4e de couverture clamait ceci : « Le Totem emblématique de la Nation, l'Idole suprême, le Sauveur providentiel, l'homme qui passe pour avoir rendu à un pays occupé par les barbares son honneur, sa grandeur, sa gloire, le libérateur solitaire, le stratège novateur, le démocrate acharné, le réformateur impassible, le justicier impartial, le négociateur impavide, le ferme décolonisateur de l'Empire branlant, l'irrécusable mémorialiste, l'homme de lettres raffiné, le miraculeux réformateur de la Constitution moribonde, le thaumaturge de l'armée affaiblie, le prince du nucléaire, le pacha des formules, le génie des bons mots, l'aristocrate des bains de foule, l'inouï visionnaire de la modernité contemporaine... Ne fut jamais au fond qu'un vulgaire politicien publicitaire au charabia charlatanesque, un diplomate cynique et ingrat, un menteur impénitent, un soldat raté, un théoricien surfait, un mégalomane colérique, autoritaire, despote dans l'âme, un bourgeois faible d'esprit, un réactionnaire stupide gavé – dès l'adolescence et jusqu'à son déclin sous les quolibets révolutionnaires – des pires idéologies que le XIXe siècle français a produites, un apprenti-écrivain vulgaire et laborieux, s'illusionnant sur tout et d'abord sur lui-même, féru des stéréotypes romantico-fascistes les plus écoeurants, témoignant d'une indulgence proche de la fascination pour les pires canailles de son temps, insensible et paternaliste, vaniteux et grandiloquent, parfois paranoïaque, toujours mythomane, révisionniste, mystificateur, rigolo ringard. Il était temps, après un demi-siècle de sottise française, de pulvériser le colosse de plâtre. Place au rire... » Pauvre de Gaulle de Stéphane Zagdanski est un texte virtuose, à rapprocher de l'Archimondain Jolipunk de Camille de Toledo, paru chez Jean-Jacques Pauvert en l'an 2000. Superbe volume bleu gaullien avec rabats. Indispensable cadeau des fêtes de fin d'année 2020, pour célébrer la crise des hottes de père Noël et autres corbeilles, en s'esclaffant ! >> Pauvre de Gaulle de Stéphane Zagdanski, Jean-Jacques Pauvert 2000.

étoile Zadig
 
 
PHOTO
© Cercle - Yannick Haenel
Il y a des vents contraires instruits de l'opinion de toutes et tous, qui veulent donner des ordres de lectures : pour les appeler par un nom appelons-les algorithmeurs. Attention, c′est avec un i, pas un y que ça s′écrit. C′était Verlaine, le monsieur un peu chauve qui fréquenta Arthur Rimbaud et aimait les églises, qui employait le mot rythmeur associé à rimeur pour qualifier les poètes anglophones de son époque.

 
Là il s′agit de tout autre chose. Des modes éparses qui nous font craindre le pire, réduits que nous serions à suivre la consigne des mots du temps et des pensées prêtes à porter. Les écrivaines et vains de cette rentrée littéraire 2020 avaient, sur fond de crise sanitaire dévastatrice, un gros défi à relever pour combler nos attentes frileuses à ce sujet.

On redoutait le grand déluge des journaux autofictionnels de confinement, mais il n'y en eut quasiment pas sur nos tables de nouveautés.

On redoutait aussi le grand lavage rose des frusques de la vieille littérature à la papa ou bien à la mémère, qui nous habilleraient pour l'hiver de leurs palabres de causettes et de causeurs embourgeoisés, celles des Philistins qui décrêtent le vrai. Il n'en fut rien.

« Cito, Longe, Tarde » ou « Vite, Loin, Tard » était la recommandation latine pour se garder de devenir pestiféré. Partir de ce bas-monde, s'échapper en beauté dans la ligne de fuite d'un horizon lointain et revenir le plus tard qui se puisse : qui n'en a pas rêvé ?

En attendant, même s'il est sans doute de saison de craindre la fin des haricots, il ne faudrait pas oublier qu'il reste des livres à revendre. Prenez-les dans vos sacs à dos, achetez et revendez-les. Informez-vous plus que jamais auprès du pas-de-porte agréé pour cela.

Bon automne d′échanges mobilisés à toutes et tous !

 
 
étoile ZADIG
 


Schicksal de mon quartier...

 

La fille à cheval de Christophe Blain

Amis lect(eur)(trice)s, bienvenue chez Zadig, haut lieu de librairie indépendante dédié à la littérature universelle autant qu’à la littérature de coin de rue. Acteur de sa ville depuis 2003 dans le bon vieux Berlin-Mitte de Brecht et Döblin, son nom est dédié à l’éponyme roman Zadig ou la Destinée de Voltaire. Il n’est pas un corner de grande enseigne commerciale au nom improbable du type Tartuffe&Molière*, ni un show-room aux marques griffées deluxe, ou bien aux accessoires décontractés-chic-rock'n'roll. Passez la porte et venez découvrir nos fondamentaux en livres jeunesse et adulte, de l'actualité la plus récente en pensée critique aux nouveautés romanesques essentielles. Sans oublier les beaux livres, livres de poésie et de bande dessinée, ainsi qu’une large sélection de livres sur Berlin et de littérature de langue allemande en français. Dans quelques jours nous vous donnerons quelques nouvelles du front de la littérature d'ici, à l'Est d'Eden et pas seulement. Bonne rentrée livresque à toutes et tous !

(*) Mais bien que d'un faux zèle ils masquent leur faiblesse
Chacun voit qu'en effet la vérité les blesse :
En vain d'un lâche orgueil leur esprit revêtu
Se couvre du manteau d'une austère vertu ;
Leur coeur qui se connaît, et qui fuit la lumière,
S'il se moque de Dieu, craint Tartuffe & Molière.

Discours au roi, Nicolas Boileau (1636-1711)

Image d'illustration DR - Christophe Blain / Revue AMERICA

 

étoile Zadig


 

Mare Nostrum ?

   

Europe, 1375Le mage Michel Houellebecq ayant accaparé l'actualité du livre en ce mois de janvier, mettons l'année 2019 sous le signe des flux et reflux de conscience. Bien loin du thème névrotique et eurocentré du héros houellebecquien dépressif, qu'aux dires des médias notre époque mérite. Avec ses airs de ne plus trop savoir où il habite, ledit héros semble bien irréel, alors que des rafiots de fortune abordent les côtes du Sud européen pour quémander leur part de subsistance... Tandis qu'au même moment, quelques politiciens palabrent avec leurs ouailles, et tournent à vide sur des ronds-points conceptuels : vitesse limitée ou pas, consommation ou bien pouvoir d'achat, taxes écolos sur le diesel, ou même bientôt, taxe sur les traînées des moult avions striant le ciel !
 
Point, ligne ou plan, pour parodier un livre de Kandinsky. Le bleu va-t-il si mal, ou ne sied-il pas tant à tous ces coreligionnaires de cape et d'épée qui réenchantent les trompettes de la renommée des médias de toutes sortes, parallèles ou bien dominants, tous connectés à internet ?

D'aucuns parmi les contempteurs de l'Europe d'aujourd'hui réduisent trop souvent la vision qu'ils imposent à des images toutes faites et bien trop éculées de caves du Vatican, de ventre de Paris, de Bourse de Francfort ou de bas-fonds de Londres. Des portraits crachés ou jurés, ceux d'une Europe en négatif, au bout du monde connu, qui aurait peur de tout.
 
Sommes-nous à une Europe de jacqueries, du genre Jacques et le Haricot magique ? Ce conte pour enfants où un mystérieux haricot poussant en une nuit permet d'atteindre le ciel où vit un ogre à qui le jeune héros subtilise ses richesses... avant de redescendre, sans oublier de couper le cordon végétal, pour finir ses jours heureux et prospère.
 
Les contes ont parfois la vertu de faire descendre ainsi sur terre. Celui-ci en tout cas nous permet d'évoquer le mur le plus décisif qui vaille peut-être d'être brisé : celui qu'il y a entre terre et ciel et que les poètes d'ici ont eu le projet de mettre à bas, pendant la chute du Mur de Berlin, il y a trente ans déjà.
 
Bonne nouvelle année, de culture et curiosité, à toutes et tous !
 
{éditorial janvier 2019}
 
 
étoile Zadig
 
Printemps des livres
 

Image colporteur DR

Cette fois-ci on peut le dire sans que ce soit une métaphore : après quinze ans de bons et loyaux services, notre tour est venu de faire place nette.

Notre bail ayant été remis en cause par notre ancien bailleur, ZADIG change donc d’adresse en vrai, pour se réimplanter à trois rues de là où nous sommes.

Nous avons donc trouvé chaussure à notre pied, ledit pied ferme dans notre ville, notre quartier, et ceci prouve qu'on trouve encore des lieux rêvés que n’ont pas réduit en poussière les dieux de l’Histoire et du Temps.


Haut les cœurs donc ! Et comme il semble que soit venu le temps des grands débats, dans cette bonne vieille Europe en mal de flamboyances, la confrérie du livre se doit par notre voix de mettre son grain de sel dans le chaos de nos métropoles gentrifiées.

Nous prendrons donc le ton des vénérables cahiers de doléances :

Princes, qui en
même temps que nous vivez...

Il ne suffit pas d’affirmer qu’en ayant pour modèle une République de colporteurs et d’almanachs on ravive une juste vision d’Europe.

Ici, dans notre grand quartier, il y a une rue des Vétérans et puis aussi une rue des Invalides : des noms qui font programme, pour exprimer un passé bien tragique. Une poignée de librairies constelle le coin, dont la librairie francophone ZADIG.

En attendant, Berlin demeure une ville occupée. Vouée à de faramineux profits légitimés par de fugaces contrats signés allègrement par les partisans de l’art qui occupe, et que ceux-ci disposent leurs pop-up stores à volonté : le capital annexe – celui qui fructifie quand les guerres ont cessé – n’a rien trouvé de mieux pour se perpétuer.

De respectables propriétaires distillent ainsi leur gourmandise de profit temporaire et ciblé, enclins à refouler toujours plus loin aux portes des villes les citoyens et les commerces de proximité.

Princes qui gouvernez, nous disons que l’investisseur madré, celui qui fixe ainsi les règles du marché, est un filou d’un très proche ancien temps.

Nous croyons qu’en Europe doit subsister une littérature de coin de rue, qui nécessite des points de vente et des kiosquiers.

Que ce n’est pas comme cela que l’on maintient la paix dans les chaumières.

Et qu’il faut prendre garde qu’aux citoyens libres et instruits ne prenne envie de proclamer, comme les pancartes que brandissaient les clercs du Quartier latin au bas Moyen-âge (dont un bon nombre étaient allemands ou scandinaves) :

Item, mundi mercatores Qui sunt quam defraudatores ?*

(*)« Qui sont les marchands sinon des fraudeurs ? »

 

Princes et princesses, qui tenez le haut du pavé, quoi vous souhaiter de mieux qu'un éternel printemps des livres !

 

étoile Zadig

 

Banner ZADPour inaugurer en beauté l'année 2018, nous nous devions de faire un clin d'œil aux rebondissements de l'actualité militante française. Un nouvel acronyme a fait fortune depuis que les opposants au pharaonique projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, dans la région de Nantes, ont obtenu gain de cause en le brandissant comme nom de guerre écolo : il s'agit de la ZAD, autrement dit zone à défendre, qui nous renvoie à nos propres plate-bandes zadiguiennes. Chaque libraire n'est-il pas une ZAD, zone à défendre à lui tout seul ? Quelques arpents de landes immortelles, de territoires de la pensée non convenue qui battent en brêche les bétonneurs de l'algorythme : voilà le lieu privilégié qu'avec la connivence citoyenne de ses clients, le libraire de quartier invente chaque jour. Bien plus qu'une petite bibliothèque aux rayons ronronnants dans le soleil couchant ou qu'un marquisat d'opérette pour petites dédicaces à la va-vite, une librairie de proximité jamais ne pourra se réduire à un écomusée des métiers d'antan ou un show-room des volatiles frénésies amazoniaques.
Qu'on se le dise !

 

Portrait Mathieu Riboulet
   Mathieu Riboulet
    © G. Krajzman
Dans le champ littéraire il était le tenant d'un genre humain nouveau, rivé à ses cordes et ses corps, mais capable d'aimer absolument. Car Mathieu Riboulet est un auteur qui savait se tenir dressé faces aux immensités factices des ordres institués, qu'ils se bardent de Nature ou Culture. Portant le verbe haut, illuminé par le seul horizon d'un frère humain se confrontant aux autres de la horde. Toujours partant pour l'aventure, perspicace et le regard clair, comme lors des deux mémorables lectures-présentations qu'il fit chez nous des deux livres majeurs que sont Les œuvres de miséricorde et Entre les deux il n'y a rien. Il était l'antithèse d'un héros de Caspar David Friedrich, droit debout dans l'arène des Hommes seuls, sans peur, comédien et martyr s'il le fallait. Il n'a pu s'affranchir de la maladie de la mort, parti trop tôt à 57 ans. Une pensée fraternelle pour ses amis et proches, et à bientôt pour un hommage, ici à Berlin.
 

 

 

Voilà l'été des livres
 
Deux temps forts ont marqué les lectures de ZADIG aux mois d'avril et mai, en compagnie d'auteurs dont la parole tenace est d'une école modeste et fière – celle que nous préférons : Hélène Lenoir et Franck Magloire. C'est une sorte d'hommage que nous devions leur rendre.
 
Car lorsqu'il s'est agi de défendre leur propre liberté d'écrire, ou qu'il leur fallut conjurer la fourbe incantation de se plier aux lois d'un style vendeur, l'un comme l'autre ont su montrer de quel bois on se chauffe, chez ceux qui n'ont pas peur des marges d'écriture.
 
Leurs parcours singuliers n'épousent pas les courbes factices d'un sacro-saint marché du livre et ses canons surfaits. Ils ont pris pour méthode de donner forme au silence des invisibles. N'est-ce pas une ambition de créateur intègre, quelle que soit sa génération ?
 
Venez nombreux les écouter, et faire dédicacer leurs livres !
 
 
{éditorial automne 2018}
 
 

étoile Zadig

 

Rue des Lignes à Berlin-Mitte
 

panneaux sur la linienstrasse
© pq 2015

Il y a des poésies de coin de rue, des paroles qui s'entrecroisent évoquant le vieux temps des livres. Celui des Territoires de l'homme qu'invoquait Elias Canetti, mêlant dans un langage précis joie et mélancolie, politique, poésie, religions, animaux et Histoire… Ou celui du Vaisseau des morts de B. Traven, décrivant l'errance d'un marin américain dans l’Europe des années 1920 ballotté de frontière en frontière, sans papiers ni argent, qui n’est plus rien. Toutes visions qu'ont eues deux maîtres du domaine allemand aux œuvres dont la ressemblance avec des faits réels n'est ni fortuite ni involontaire, le libraire urbain de proximité peut vous l'assurer.
Aussi, chers piétons égarés (ou pas) qui croisez par chez nous, si la signalétique de nos rues en chantier échappe à votre entendement, un bon conseil : ne tombez pas dans les panneaux, et laissez se tourner les pages. Le temps des livres est comme le temps des cerises. Rien ne lui résiste, pas même les bétonneurs du progrès équipés de smartphones...
Qu'il donne la folie en tête, et du soleil au cœur !

étoile Zadig

Oh, les beaux jours...
 


© pq 2016

Ici Berlin. Les beaux jours vont et viennent. Il y a tellement de choses à déchiffrer, relire et inventer, quand ils rallongent ou racourcissent. Bien plus qu’une banale marguerite à effeuiller, qu’une lubie de coudre ou d’en découdre, ou qu’une brusque envie de vent d’été dans les chaumières de ce monde R&Bee-isé.

Il y a tellement de niches à faire aux coins des rues pas tous proprets, au moins pour ceux ornés comme au vieux temps des friches, gribouillés à la hâte, qui nous font réfléchir au temps qu’il fait. Tellement à baliser d’espaces pas encore bardés de palissades, pour surligner ces runes de rue qu’on trouve encore, qui torsadent les fils du temps et du réel, qui forcent le trait.

Une ligne tracée, à quoi ça tient. À quoi revient un mur qui tombe, par pans entiers sous le vent de l’Histoire, ou bien parce qu’il s’est pris sur la tête une bombe ? À quoi tiennent un marché, un mur porteurs ? Il fût un temps pas si lointain où le ciel de Berlin voyait passer des funambules épris de liberté qui cherchaient la frontière entre terre et ciel, à défaut de celle entre l’Est et l’Ouest.

Aujourd’hui nous en sommes au passé accompli. Les merles sifflent encore, annonçant la saison des pommes. Mais ils se posent peu, les volatiles. Trop de béton pour eux. Alors ils reviendront quand les maisons seront finies. C’est ça qu’il faut, qu’ils zieutent la folie des hommes, ces oiseaux libres. À défaut de s’y retrouver tels les passants de nos quartiers prisés, qui veulent voir en vrai tous les palais des Larmes ou les Points-chèque de Charlie.

Préparez vous au grand effeuillage d'automne. Nous vous souhaitons, par le livre et le rire, la plus inattendue des fins d'années !

  

étoile Zadig

Feuilles d'automne
 

Kulturecke Berlin
© pq 2015

C'est un écheveau de rues longtemps méconnu du Berlin policé et lissé, désormais parcouru de Segway™ et calèches aux tarifs horaires princiers, que banquent volontiers les touristes en goguette.

L'histoire y est passée et repassée. C'est le Berlin de Brecht et Tucholsky. Du dôme de la synagogue mauresque finalisé en 1866 d'après les plans d'Eduard Knoblauch, saccagée, profanée, détruite en 1945, puis reconstruite.

Mais aussi le Berlin dont nous sommes au plus près, celui du Tacheles, ancien grand magasin devenu haut-lieu de la culture constestataire, que les édiles d'ici ont eu le mauvais goût de murer il y a plusieurs automnes, sans que personne n'ai pu y pénétrer depuis.

Sont-ils si importants que ça ceux qui spéculent sur l'oubli ? Croient-ils qu'on peut d'un claquement de doigts, combler des vides ?

La rentrée littéraire dûment sélectionnée que nous vous proposons, foisonnante comme il se doit, fait bien mieux que remplir des trous.

Du roman de Boualem Sansal, 2084, décrivant une société cauchemardesque et totalitaire inspirée d'Orwell, à celui de Delphine De Vigan, D'après une histoire vraie, narrant le tête-à-tête trépidant d'une auteure harcelée par sa meilleure lectrice, il y aura de quoi lire.

Sans oublier l'inépuisable acuité de Sorj Chalandon, échographiant dans Profession du père l'arrière-cuisine de bons Français accommodant leurs restes de pétainisme grégaire, d'anti-gaullisme forcené, d'éloge du colonialisme et autre forfanterie borgne. 

Le libraire de proximité n'aime rien tant qu'écrire le livre des mémoires vivaces. Pour le cœur et les yeux des passants d'un quartier, les tables de ses nouveautés sont les tables d'orientation, au jour le jour, d'une certaine idée de la culture et la littérature. Toutes choses dont ZADIG a pris de la graine, depuis 12 ans déjà.

étoile Zadig

 

30 ans de liberté ?

Porte Brandebourg 90

« Vive l'Anarchie », avaient écrit de facétieux pieds-nickelés francophones au pinceau blanc, en haut à gauche de la porte de Brandebourg, juste après cette fameuse chute du Mur que nous commémorons, vers 1990 et quelques.

La question d'aujourd'hui est de savoir si les anges qui captent nos pensées du Der Himmel über Berlin / Les ailes du désir de Wim Wenders auraient eu l'oreille absolue, en cette fin des années 2010.

Avec des smartphones qui grésillent en même temps que les pensées divaguent, avons-nous bien le temps de repenser l'Histoire, voire même la petite histoire ?
 

Couverture livre J.-P. Dubois
L'art d'oublier le déplaisir de John Cowper Powys ou  Si une nuit d'hiver un voyageur d'Italo Calvino exprimaient comme livres un certain art du titre à rallonge qui n'est pas sans rappeler le roman de Jean-Paul Dubois (le prix Goncourt de 2019), dont l'action se déroule à Montréal aux abords d'une prison où est incarcéré le personnage central.
 
Sommes-nous en transit, comme les protagonistes berlinois du 9 novembre 1989, dont la destinée s'est ouverte par la grâce de deux simples mots, ab sofort / dès maintenant, prononcés par inadvertance sous le feu des médias, qui influèrent sur un politicien en fin de course ?
 
Vive la magie des mots, et un bien bel automne à toutes et tous !
 
 
étoile Zadig
 
Visages d'Europe
 
 
 
Photo Orwell
La rentrée littéraire a ceci d'une sympathique période qui veut que non content que chaque livre trouve son lecteur,  le contraire d'un contraire puisse faire la joie d'un vidéo-tubeur en ligne ou d'une rubrique de magazine dictant comment et quoi se mettre... La lectrice avisée, le lecteur exigeant ne s'en laissent heureusement pas tant conter. Mais comment déjouer cette dictature imagière ? Quels modèles la jeunesse peut-elle revendiquer ? Vu que les stars des lettres d'aujourd'hui auront bientôt — si elles n'y prennent garde — des trognes d'ancien temps que certains rois du monde arborent sans vergogne, convoquons deux visages d'Europe qui ne firent aucune concession aux miroirs de leur siècle.
 
Photo Simone Weil
Simone Weil et Georges Orwell combattirent dans le camp républicain durant la guerre d'Espagne, et décédèrent en Angleterre, chacun de leur côté, sans jamais se croiser. Vous avez dit Brexit ?...
Ils furent des intellectuels hors des normes et des modes, soucieux du droit des faibles contre toute oppression, qu'elle soit bureaucratique, bigote ou financière.
Tous deux nous ont légué qu'il n'est pas de littérature à laquelle ne préside une épopée d'idées.
Souhaitons-nous d'emboîter le pas, mieux que jamais  pour cette nouvelle année, aux esprits libres qui ne cessèrent de vivre sans entraves, et s'indigner.
 
Une belle et productive année de reconquête, à toutes et tous !
 
 
étoile Zadig
 
 
Malraux Pop
Il en est de certains auteurs du siècle dernier, mégot vissé aux lèvres et pose de héros de la voltige, comme des vieilleries aux angles un peu noircis qu’on a perdu l’habitude de regarder. Car ça vous a des airs de portrait craché d’une époque, des poses comme ça.

Il faut imaginer André Malraux aux cheveux frisottés franchissant une porte. Comme un jeune dans le vent qui serait venu acheter des livres dans un vrai magasin avec une porte qui grince, pour peu que personne n’ait pensé à la graisser. Curieux de bons vrais gros volumes témoignant d’un monde toujours plus vaste, et de continents de nouvelles idées que les répertoires du réseau internet jamais n’auront loisir d’inventorier...

 
Couverture Écrits farfelus
 
Sous le nom d’Écrits farfelus, recueil publié par Folio-Gallimard en 2012, trois textes de jeunesse du jeune Malraux, Lunes de papier, Écrit pour une idole à trompe et Royaume-farfelu forment un bestiaire inattendu des années 1920 où l'on croise la Mort en smoking et des kangourous à ailettes.
Il n’est que de voir deux auteurs de cette rentrée, que nous ne saurions que vivement vous recommander, pour se dire que les modes vont et viennent. Car il s'agit bien de deux farfelus au programme, cher public averti et lettré : parmi les auteurs en lice pour les prix littéraires, Yannick Haenel et Kamel Daoud ont ce souffle désuet qui ne laissera pas de vous enchanter...
Comment donc conjurer le darwinisme littéraire hystérisé ? La suite au prochain numéro.
 
Un bel automne 2017 à toutes et tous !
 
 
 
étoile Zadig
 
 
 
 

Couvertures Salmon - Kafka

« Nous vivons une époque à ce point possédée par les démons que bientôt nous ne pourrons faire d'oeuvres bonnes et justes que sous le sceau du plus grand secret, comme s'il s'agissait d'illégalités », disait Kafka. « Il y a un mot en Afrique du Sud – Ubuntu – qui vient de Mandela et signifie que nous sommes tous unis par des liens invisibles, que l'humanité repose sur un même fondement, que nous ne nous réalisons qu'en donnant aux autres et en veillant à leurs besoins », dit Obama. Dans un Berlin psycho-imaginiste, Obama lit Kafka et même, parfois, Kafka ressemble à Obama !

étoile Zadig

Vitrine ZADIG Noël 2015

Les plus belles lectures sont chez ZADIG. Des plus beaux livres de tous les temps - que souhaite dénicher et proposer tout libraire de proximité - à d'autres merveilles pour tous les goûts, comme ces sacs en toile à l'effigie de Proust, Topor, Colette, Rimbaud, confectionnés spécialement par Karibou, et autres jeux de l'ours concoctés par Benjamin Chaud.

Chez ZADIG, certains sont abonnés à une carte de fidélité, les clients comme les auteurs.

Christophe Manon, primo-romancier des éditions Verdier et habitant de l'Est parisien, a imprimé le 14 novembre dernier sa marque, fidèle à son flamboyant titre de roman, « Extrêmes et lumineux », livre-photogramme dont nous vous avons proposé la lecture pour ces fêtes.

Frédéric Metz, figure nouvelle de la pensée franco-allemande, poète-philosophe et biographe de Georg Büchner, a orchestré une lecture interactive le 12 décembre, dont nos invités gardent trace.

Mais n'oublions pas les enfants, auxquels notre sélection de livres d'éducation et de divertissement est dédiée, bandes dessinées, romans graphiques et cocasseries illustrées, parfois sérieuses, parfois rêveuses...

Nous vous souhaitons le plus beau des printemps !

{printemps 2016}

étoile Zadig

 

Éditorial

L’été arrive et les flocons de pollen de peupliers qui tourneboulent nos rues se mêlent aux aigrettes de pissenlit, rappelant la rousse Semeuse au profil de médaille et ses gauloiseries... Mais où sont donc les neiges de janvier ? Nos paysages réels ou intellectuels ne cessent de changer, toujours autres et pareils. Berlin reste Berlin dans les fracas du monde.

Ce mois de juin, inauguré très fort par Siham Bouhlal et sa poésie incarnée, verra nos rayons et nos tables plus que jamais dressés face à l'adversité des choses : le Maghreb francophone a pris place chez nous, porteur de cet Amour bilingue évoqué par le romancier marocain Abdelkébir Khatibi, et si bellement défendu par les Berlinois de l'association Yedd.

L’écrivain allemand de renom Christoph Hein, originaire de RDA et traducteur des œuvres de Racine et Molière, nous honorera de sa visite le 25 juin, en compagnie de son éditeur Anne-Marie Métailié et de sa traductrice Nicole Bary, pour nous présenter « Frau Paula Trousseau » dite « Paula T, une femme allemande », son nouveau livre paru cette année.

Suivant le modèle de Eloisa Cartonera, coopérative de micro-édition de Buenos Aires née de la crise argentine de 2001, le collectif PapperLaPapp vous offrira chez nous, dans le courant de l’été, la possibilité de produire votre propre livre, sur la base de textes de poètes contemporains berlinois, relié entre deux bouts de cartons, sur des tables posées dans la rue...

Que le Berliner Luft, plus que jamais, aiguise nos pensées !

{été 2010}

 

étoile Zadig

 

Le gang de la clef à molette - Edward Abbey - CrumbRévoltés de voir le somptueux désert de l'Ouest défiguré par les grandes firmes industrielles, quatre insoumis décident d'entrer en lutte contre la “Machine”. Un vétéran du Vietnam accro à la bière et aux armes à feu, un chirurgien incendiaire entre deux âges, sa superbe maîtresse et un mormon nostalgique et polygame commencent à détruire ponts, routes et voies ferrées qui balafrent le désert. Armés de simples clefs à molette — et de quelques bâtons de dynamite — ils doivent affronter les représentants de l'ordre et de la morale lancés à leur poursuite. Commence alors une longue traque dans le désert.

Dénonciation cinglante du monde industriel, hommage à la nature et hymne à la désobéissance civile, Le Gang de la clef à molette, écrit par Edward Abbey, pionnier de l'écologie radicale qui a passé sa vie à combattre les saccageurs de la nature, est un livre subversif à la verve tragi-comique sans égale. Grand roman épique de l'Ouest américain paru aux éditions Gallmeister en 2013 dans une nouvelle traduction détonante illustrée par le grand Robert Crumb, il a été vendu à deux millions d'exemplaires depuis sa parution au milieu des années 1970.

Comme d'autres polars universels de qualité finement sélectionnés trônant chez nous, nous avons fait bénéficier à nos lecteur·ice·s, pour l’acquérir, d'un prix de promotion spécial. 

Prix Clef à molette 2015 © Crumb
Après la valse à mille temps des fêtes de fin d'années où l'on vit les bandeaux apposés sur les livres virevolter, faisant passer parfois avec bonheur notre littérateur favori du rang d'auteur-phare à celui grandement convoité d'auteur primé, voici 2015 qui s'annonce. Il y a un Houellebecq nouveau qui fait jaser la morne plaine sociologico-médiatique à raison ou à tort. Mais aussi d'autres vrais bijoux incontestés, comme le récit d'une arrivée à Berlin à la Chute du Mur par Wilfried N'Sondé, Berlinoise, tous deux parus simultanément le 7 janvier dernier... Le libraire de proximité, qui n'a pas sa langue dans sa poche, a pour ambition de contrebalancer la valse des étiquettes annoncées. Aussi, dans une démarche inaugurée en 2014, sera estampillé du bandeau clef à molette 2015 celui de ces livres-là (et quelques autres) ayant déjoué tous les pronostics, tant par sa bonne fortune que son insuccès.
 
Comme le suggère Nathalie Quintane dans son recueil paru aux éditions de la Fabrique, postés que nous sommes en plein milieu de décennie, allons-nous enfin parler d'Années 10 définitivement engagées ?
 
 
{printemps 2015}
 
 

 
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Zadig Orfeó ?

Fanfoire de Paris

Le futur est aux portes. Le Monde d’hier, ce grand titre de Zweig, ne résonne pas tant comme la rengaine d’un écroulement, mais plutôt le message subliminal de toute une époque. Dans les bribes printanières nimbées de promesses de Lumières, les rues de Berlin-Mitte résonnent du bruit des marteaux. De l’héroïsme au cœur des citadins, réclamait Baudelaire. Mais les plans de reconstruction voulus par les édiles d’aujourd’hui n’ont pas comme premier souci la populace et ses futiles aspirations, ses arbres et ses écoles, ses terrains de jeux et ses salles communales. Point n’est question de raisonnements de l’ancien temps, bavards comme des livres. C’est d’investissement d’avenir qu’il s’agit, d’enfin lotir les trous de bombes avec de vrais projets pensés, de-ci de-là décorés de street art, gage de la jeunesse d’esprit du promoteur. Et conçus pour durer, avec de vrais gentils consommateurs dedans qui ont choisi le bon forfait illimité, celui qui leur donne le droit de déambuler, une glace dans une main et un IPhone dans l’autre... Mais ces fameux livres en papier qui ont tant fait parler, qui pallient aux trous de mémoire, qui comblent les appels du vide et pèsent plus sur un cerveau qu‘une projection de rentabilité au mètre carré, ce ne sont pas des projets virtuels. Ils brûlent plus ou moins lentement, servant de combustible aux époques troublées, mais puis alors, qu’égrènent-ils comme châtiment, qui froissent-ils ? Personne. Joyeux beaux jours à vous toutes et tous, cernés de livres aventuriers !

{printemps 2014}


 
étoile Zadig

Premières moutures

 
La tentation est grande (nous l’avons déjà exprimée ici) d’accorder aux quatre saisons mille vertus livresques : printemps des poètes, lectures d’été, automnes littéraires, Beaux-livres d’hiver... Peut-être est-ce un hommage aux arbres ? Les cieux d’ici nous inclinent plutôt à effeuiller les dictionnaires d’idées reçues deux fois par ans. Que raconter de cette belle saison passée, les frimas approchant ? I have a dream... quand je rentre dans une librairie nous a rappelé Jean-Charles Massera au mois de juin. Berlin finde ich geil nous a asséné Wilfried N’Sondé quelques semaines après. En promeneuse avertie, Cécile Wajsbrot a prolongé en octobre son adresse au dieu de l’histoire et du temps. Le cycle de lecture Ici Berlin ainsi initié se prolonge en novembre avec la venue d’Hélène Bezençon dont le récit « Mémoire pendant les travaux » sera présenté en allemand et français, sujet oblige : le récit d’un choc narratif issu d’une errance dans le Berlin d’aujourd’hui. À deux reprises, avec en juillet les artistes algérois de l’association Yedd et en septembre la deuxième édition de notre repas de quartier citoyen « Rue des lignes », nous avons tenté de donner un tempo à cette ville où il fait bon lire et vivre. Nous clôturerons en beauté cette saison berlinoise avec un hors-série consacré à deux invités emblématiques de l'édition indépendante parisienne : Patricia Farazzi, traductrice et auteure, et Michel Valensi, des Éditions de l’éclat...

Wilkommen bei uns!/ Bienvenue chez nous !
 

 
{automne 2007}

 

 

 

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EN VITRINE

Le chat du Rabbin

Le chat du Rabbin

La série de BD culte de Joann Sfar publiée chez Dargaud en 10 volumes a été adaptée par lui-même à l’écran, rappellant à notre bon souvenir les bienfaits du multiculturalisme. Une fable philosophique à la Voltaire évoquant « des chats et des dieux » pour qui le problème n'est pas la religion, mais la façon dont on la vit. Le sépharade chat-philosophe, qui un jour dévora un perroquet et se mit à parler, nous apprend à lui seul sagesse et malice du Maghreb.

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