IDÉES CADEAUX

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IDÉES CADEAUX / Domaine allemand traduit

Poèmes choisis

Poèmes choisis

de Volker Braun, traduction de l'allemand par Jean-Paul Barbe et Alain Lance. Édition et préface d'Alain Lance


Éditions Poésie/Gallimard, 2018
10,00 €

Essentiellement poète, mais aussi romancier et dramaturge collaborateur du Berliner Ensemble, Volker Braun est né en 1939 à Dresde. Sa vie et son œuvre sont étroitement liées à l'histoire de la RDA dont il fut sans doute un des poètes les plus emblématiques malgré sa prise de distance critique très précoce avec les dérives du système bureaucratique qui trahissaient les principes initiaux. Dissident de l'intérieur en quelque sorte, surveillé par la Stasi, il développe une poésie intempestive, dans la tradition d'un Heine ou d'un Brecht, caractérisée par l'usage constant de l'ironie comme instrument d'analyse, virtuose et complexe dans ses formes. On y entend certes un désenchantement mais sans renoncement ni désengagement, le poète continuant jusqu'à aujourd'hui à réfléchir aux raisons de l'échec de la RDA comme aux impasses du modèle capitaliste occidental.

Traversée - Une histoire d'amour

Traversée - Une histoire d'amour

de Anna Seghers,
Claire Mercier (Traductrice), Bruno Meur (Traducteur), Hélène Roussel (Postfacière)

Éditions le Temps des Cerises, 2018
17,00 €

Années 1950. À bord du cargo qui les ramène en Europe, Franz Hammer, mécanicien allemand fait la connaissance d'un compatriote, Ernst Triebel, jeune médecin venu assister à un congrès. Au cours de cette traversée, Ernst Triebel se raconte.

Encore enfant, il a émigré au Brésil, dans les années 1930, quand ses parents ont fui l'Allemagne. A Rio, il se lie avec une autre enfant d'origine allemande, Maria Luisa.

Leur amitié s'enracine, sans que les jeunes gens, réalisent vraiment qu'elle se transforme en amour. La guerre terminée, le père de Triebel décide de retourner en Allemagne. Son pays dévasté a besoin de forces intactes. Il persuade son fils de l'accompagner. Maria Luisa, elle, reste à Rio. Mais l'histoire de cet amour, ardent, magnétique et peut-être funeste, ne s'arrête pas là...

Peut-être la traduction la plus aboutie d'un grand texte de la littérature européenne.

La vie secrète des arbres - Ce qu'ils ressentent, comment ils communiquent

La vie secrète des arbres - Ce qu'ils ressentent, comment ils communiquent

de Peter Wohlleben, Corinne Tresca (Traductrice)

Éditions des Arènes, 2017
23,00 €

Les citadins regardent les arbres comme des "robots biologiques" conçus pour produire de l'oxygène et du bois. Forestier, Peter Wohlleben a ravi ses lecteurs avec des informations attestées par les biologistes depuis des années, notamment le fait que les arbres sont des êtres sociaux. Ils peuvent compter, apprendre et mémoriser, se comporter en infirmiers pour les voisins malades. Ils avertissent d'un danger en envoyant des signaux à travers un réseau de champignons appelé ironiquement "Wald Wide Web".

La critique allemande a salué unanimement ce tour de force littéraire et la manière dont l'ouvrage éveille chez les lecteurs une curiosité enfantine pour les rouages secrets de la nature.

Malencontre

Malencontre

de Bodo Kirchhoff, Bernard Lortholary (Traducteur)
Éditions Gallimard, 2018
21,00 €

Ancien éditeur, Reither vit désormais en solitaire dans une vallée au pied des Alpes. Leonie Palm, elle, était modiste et a dû fermer boutique. Mais aujourd'hui, alors que plus personne ne porte de chapeaux et que l'on compte davantage d'apprentis écrivains que de lecteurs, c'est un même désenchantement qui lie ces deux voisins marqués par un drame intime. Lorsqu'ils décident malgré tout de prendre la voiture en direction du Sud - une perspective de Méditerranée, de vin, d'aventure -, ils sont surpris par la force de leurs émotions.

Partout confrontés aux clandestins qui, eux, empruntent le chemin inverse, ils décident d'aider une jeune réfugiée et l'emmènent. Malencontre, romance magnifique en forme de nouvelle, se révèle être la parabole d'une double perte : celle de l'amour et de la compassion, car nous ne sommes à la hauteur ni de l'un ni de l'autre. "Mais où en serions-nous sans nous surestimer un peu", dit Reither en s'apprêtant à embrasser Leonie pour la première fois.

Brandeburg

Brandeburg

de Juli Zeh, Rose Labourie (traductrice)
Éditions Actes Sud, 2017
26,00 €


Les éoliennes peuvent rapporter gros – mais à qui ? Une partie d’échecs se joue derrière les façades proprettes d’un village du Brandebourg où des Berlinois épris d’un romantique “retour à la campagne” côtoient des paysans du cru et leurs familles. De vieilles rancoeurs – datant de l’époque de la chute du Mur – se réveillent et des stratagèmes de vengeance se fomentent. Une manipulatrice essaie de tirer profit des désirs des uns et des haines des autres.
Grâce à la plume d’acier de Juli Zeh, cette belle fresque villageoise contemporaine offre du rire et de l’effroi. Un formidable thriller rural qui renouvelle et dynamite le roman de terroir.

Fuite et fin de Joseph Roth

Fuite et fin de Joseph Roth

de Soma Morgenstern, Denis Authier (traducteur)
Éditions Piccolo, 2017
15,50 €

Génial et enfantin, lucide et menteur, attachant et insupportable, tel est l’éblouissant portrait que brosse Soma Morgenstern de son ami Joseph Roth. Une amitié commencée à Vienne en 1913, et qui s’achèvera dans un petit hôtel de la rue de Tournon, à Paris, un malheureux jour de printemps 1939. Émaillé de mille anecdotes sur l’écrivain et sur la vie culturelle de l’entre-deux-guerres, à Berlin, Vienne et Paris, ce document exceptionnel se dévore comme un roman.

La transformation du monde au XIXème siècle

La transformation du monde au XIXème siècle

de Jürgen Osterhammel, Hugues Van Besien (traducteur)
Éditions Nouveau Monde, 2017
36,00 €

Déjà traduit dans une dizaine de langues, ce maître livre d'histoire globale se classe d'emblée par son ambition, son écriture et l’ampleur de ses approches au rang des Braudel ou Hobsbawm (dont il offre un contrepoint libéral).
Cet ouvrage offre un panorama historique particulièrement ambitieux du monde au XIXe siècle, une époque de fort bouleversement. À partir d’une masse de sources et d’une grande variété d’angles de vision se dessine le portrait à facettes d’une époque cruciale de notre histoire. Osterhammel s’appuie sur des structures et des modèles, des ruptures marquées et des continuités, des similitudes et les différences. Cette histoire globale du XIXe siècle est d’abord une histoire des villes, des transports, de la production, des échanges, des migrations, de la démographie, etc. à l’échelle du monde.
Ce sont avant tout les phénomènes transnationaux ou transcontinentaux, non événementiels, qui occupent le devant de la scène. L’objet de cette histoire, ce sont donc les structures « braudéliennes » de la vie quotidienne et des dynamiques à l’œuvre. La mise en service des égouts de Londres est ainsi présentée comme un événement de portée mondiale...
L’auteur décentre le point de vue par rapport à l’histoire nationale et événementielle. Il rétablit le poids des événements hors d’Europe occidentale à une plus juste mesure. C’est bien une histoire post-coloniale et une histoire mondiale, c’est-à-dire ni particulièrement européenne ou nationale, même pour le siècle de la domination européenne (ou « occidentale ») du monde.

L'île aux paons

L'île aux paons

de Thomas Hettche, Barbara Fontaine (traductrice)
Éditions Grasset, 2017
23,00 €

Au milieu de la Havel, cette rivière qui coule à l’ouest de Berlin, se dresse l’île aux Paons. C’est là que les visiteurs qui décident de fouler cette terre pleine de mystères peuvent croiser Marie, la demoiselle du château, née à l’aube du XIXème siècle. Les années passent mais ni Marie ni son frère Christian ne grandissent ; dans l’ombre des hauts fonctionnaires et du jardiner de la cour, ces deux nains vivent au rythme des événements qui touchent le royaume de Prusse. Les guerres napoléoniennes sont terminées, l’île aux Paons est resplendissante.
On y cultive des fleurs, des cerises, des fraises, on y entretient une pépinière, et l’on commence à y planter des figuiers et des framboisiers. On installe également une somptueuse palmeraie chauffée, puis une ménagerie. Au gré des expéditions royales et scientifiques, des animaux exotiques débarquent sur l’île ainsi que de nombreuses curiosités : aux paons s’ajoutent des kangourous, des fauves, des pachydermes, des élans, des marmottes, des lamas, mais aussi un géant boiteux et un jeune sauvage des îles Sandwich, l’architecte Schenkel et le paysagiste Lenné, des scientifiques, des artistes qui se mêlent à la faune et la flore.
Marie, quant à elle, apprend à vivre malgré les regards étonnés et parfois malveillants des nouveaux venus. Se réfugiant un temps dans une relation incestueuse avec Christian, elle tombe amoureuse de Gustav, le neveu du jardinier de la cour. Leur relation est trop difficile à assumer pour Gustav qui n’a pas le courage d’accepter ses sentiments pour une naine ; mais Marie tombe enceinte. Elle refuse que le père du bébé approche son fils, c’était sans compter sur la méchanceté de Gustav qui revient pour récupérer l’enfant et l’éloigner de sa mère, au moment où l’île – victime de la folie et de l’indifférence cynique de son roi – sombre peu à peu dans le délabrement. Restée seule en ces lieux où ne passent plus que de rares visiteurs, hantée par les souvenirs de son fils disparu et de son frère assassiné, Marie tente alors de faire perdurer le mythe de cette terre fantasque en attendant la mort…

C’est avec beaucoup de grâce que Thomas Hettche nous fait découvrir la mystérieuse île aux Paons, ses habitants et les secrets qu’elle protège. D’une plume délicate il donne vie à d’extraordinaires personnages confrontés à la passion, la différence et la violence de l’histoire.

Essai sur le fou de champignons

Essai sur le fou de champignons

de Peter Handke, Pierre Deshusses (traducteur)
Éditions Gallimard, 2017
16,00 €

Dans le dernier volet du polyptyque qu’il consacre à l’exploration littéraire de notre quotidien (après Essai sur le Lieu Tranquille, Essai sur la journée réussie, Essai sur le juke-box et Essai sur la fatigue), le grand écrivain autrichien narre la vie d’un ami «fou de champignons» et transforme le cœur des forêts en lieu d’enchantement.
Peter Handke atteint un degré de sensibilité et de précision, une attention au détail qui n’ont que peu d’équivalents dans le paysage littéraire contemporain. Assis à sa table, muni d’un crayon, il mue ses pérégrinations à la périphérie de nos existences urbaines en campagnes d'observation et poursuit rigoureusement le mot juste.
À la recherche du miracle dans le profane, de ces moments d’exaltation intense où les choses simples se révèlent étincelantes, Peter Handke fait émerger l’utopie du plus ténu.

Le public comme partenaire - Interventions esthétiques et politiques 1949-1967

Le public comme partenaire - Interventions esthétiques et politiques 1949-1967

de Max Frisch, Antonin Wiser (traducteur)
Éditions Fabula, 2017
16,00 €

« Aucun écrivain, me semble-t-il, n’écrit pout les étoiles, tout aussi peu pour le public, mais il écrit pour lui-même », notait Max Frisch en 1958. Et pourtant, le succès de ses romans Stiller (1954) et Homo Faber (1957) a fait soudain exister ce public comme une réalité pressante, qui l’arracha à la solitude de son travail et le convoqua à s’exprimer devant lui en des occasions aussi diverses qu’une foire du livre, un congrès, une remise de prix littéraire ou encore la fête nationale suisse. Le présent ouvrage rassemble les plus importantes de ces interventions, qui frappent par leur lucidité et leur actualité. En chacune d’elles, on lit le souci d’un auteur partagé entre la responsabilité de sa parole publique et la fidélité à ses engagements esthétiques. Frisch interroge ici la véritable nature de l’engagement de l’écrivain, tout en écornant au passage, avec l’ironie mordante qu’on lui connaît, les certitudes, les mythes et les angoisses crispées de ses contemporains. Entrer avec lui dans un partenariat critique, voilà ce que Max Frisch propose à ses lectrices et lecteurs tout au long des dix textes de ce recueil.
Il s'agi d'un recueil de discours et interventions publiques de l'écrivain, paru en 1967 chez Suhrkamp et qui n'ont pas pris une ride. Textes politiques et esthétiques, ironiques et mordants, engagés dans leur critique de la Suisse bourgeoise de l'après-guerre, ils se révèlent aussi posséder une grande actualité dans le contexte politique actuel – notamment les deux articles contre l'idée d'"Ueberfremdung" ("la crainte de la surpopulation étrangère").


Max Frisch est né en 1911 à Zurich. Après des études de littérature puis d’architecture, il mènera de front son métier d’architecte et son activité d’écrivain, avant de se consacrer entièrement à l’écriture à partir de 1955. Ses journaux, ses romans (Stiller, Homo Faber, …) et ses pièces de théâtre (Monsieur Bonhomme et les incendiaires, Andora, …) font de lui dès les années cinquante l’une figure majeure de la littérature de langue allemande. Son œuvre fut couronnée de nombreuses récompenses, dont le Prix Georg-Büchner en 1958. Il est mort à Zurich le 4 avril 1991.
Antonin Wiser est docteur en études germaniques (Université de Paris-Sorbonne) et en littérature française (Université de Lausanne). Il est l’auteur de plusieurs traductions à partir de l’allemand et de l’anglais, dont : Theodor W. Adorno, Amorbach et autres fragments autobiographiques, paru en 2016 aux éditions Allia (Paris). Il a également publié, en 2014, l'ouvrage Vers une langue sans terre. Adorno et l'utopie de la littérature, paru aux Éditions de la Maison des sciences de l'homme (Paris). Il vit et travaille à Berlin et Lausanne.

La montagne magique

La montagne magique

de Thomas Mann, Claire de Oliveira (Traductrice)
Éditions Fayard, 2016
39,00 €

Écrite entre 1912 et 1924, La Montagne magique est l'un des romans majeurs du vingtième siècle. Cette oeuvre magistrale radiographie une société décadente et ses malades, en explorant les mystères de leur psychisme. Le jeune Hans Castorp rend visite à son cousin dans un luxueux sanatorium de Davos, en Suisse. Piégé par la magie de ce lieu éminemment romanesque, captivé par des discussions de haut vol, il ne parvient pas à repartir.
Le jeune Allemand découvre son attirance pour un personnage androgyne et, au mépris du danger, se laisse peu à peu envoûter par cette vie de souffrances, mais aussi d'aventures extrêmes en montagne et de dévergondage, où fermentent des sentiments d'amour et de mort. Évocation ironique d'une vie lascive en altitude, somme philosophique du magicien des mots, ce vertigineux "roman du temps" retrouve tout son éclat dans une nouvelle traduction qui en restitue l'humour et la force expressive.

Le noyau blanc

Le noyau blanc

de Christoph Hein, Nicole Bary (Traducteur)
Éditions Métailié, 2016
23,00 €

Rüdiger Stolzenburg a presque la soixantaine. Chargé de cours à l'université de Leipzig, il n'a aucune chance de voir sa carrière universitaire progresser ; en général, lorsqu'un poste de professeur se libère, il est attribué à un collègue de l'Ouest. Son champ de recherches - le librettiste et compositeur Weiskern - n'intéresse personne : impossible donc de trouver des crédits de recherche. Sa vie privée n'est guère plus enthousiasmante, bien qu'il collectionne les femmes, jeunes, voire même très jeunes, et piétine allègrement l'amour de la seule femme qui tienne vraiment à lui.
Or, Stolzenburg a des difficultés financières, car dans la nouvelle Allemagne son maigre salaire de chargé de cours ne suffit plus à lui assurer le train de vie auquel il aspire, d'autant que le fisc de la réunification vient de lui notifier un redressement d'impôts assez conséquent. Rüdiger croit voir son heure de chance dans une proposition qui lui parvient via Internet : un collectionneur l'informe être en possession de manuscrits inédits et inconnus de Weiskern pour lesquels il cherche un acquéreur.
Pris d'une passion furieuse pour ces textes, il remue ciel et terre pour trouver l'argent. Envisage même de se laisser acheter par un étudiant en échange d'un diplôme. Christoph Hein a habitué ses lecteurs à son regard lucide et à ses descriptions sobres et incisives. Dans ce roman il souligne la façon dont la chute du Mur et la réunification ont profondément modifié le cours de la vie des Allemands de l'Est.
Son héros, naïf, mal à l'aise avec les règles d'une société dans laquelle chacun est en concurrence avec tous pour conquérir sa place au soleil, est l'éternel perdant de ce nouvel ordre du monde.

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EN VITRINE

"Azerty. L'alphabet du monde" par Massin

"Azerty. L'alphabet du monde" par Massin

Comment les majuscules, dont se servaient uniquement les Romains, sont-elles devenues, en mille ans, des minuscules ? Pourquoi la lettre Z a-t-elle été reléguée à la fin de l'alphabet ? Pour quelle raison a-t-on inventé l'italique, et pourquoi a-t-il pris ce nom, et de même le romain ? Quelles images les lettres suggèrent-elles à Victor Hugo ? Comment traduit-on, dans les principales langues européennes, le cri du coq, le miaulement du chat ou le bruit de la locomotive ? À quoi sert la ponctuation et depuis quand existe-t-elle ? Dans quel pays du monde appelle-t-on le Q la « vilaine lettre » ? D'où vient le nom des notes de musique ? Quels sont les ancêtres de nos posters et de nos tags actuels ? [...] Ce livre s'efforce de répondre à ces questions, et à bien d'autres aussi que font naître les cinq mille ans d'histoire de l'écriture, avec les lettres d'un alphabet qui, depuis un siècle, avec les machines à écrire, puis les ordinateurs, sont rangées dans un ordre différent, AZERTY en France et Belgique, QWERTZ en Allemagne, Autriche et Suisse, QWERTY dans le reste du monde...
Massin, graphiste et typographe de légende, délivre ici des images des métamorphoses incessantes de notre alphabet. (Gallimard éditions, 10/2004)

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