Le conteur primordial mobilise déjà l’incertitude épique de Cervantès ; les distorsions du réel de Kafka ; les touffeurs langagières de James Joyce ; le majestueux détour de Faulkner autour d’une damnation originelle... Et, je ne veux pas vous faire de la peine, mais il m’est arrivé d’imaginer, à l’écoute de nos vieux contes, que ce cher Rabelais, ce père du langage, ce surgissement d’une catastrophe esthétique extrême, venait très certainement d’une plantation martiniquaise. Je crois que Rabelais est un conteur créole.
Patrick Chamoiseau
Discours inaugural de la Chaire d’écrivain en résidence, Sciences Po Paris, 27/01/2020

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Nous avons le plaisir de vous présenter
« Les Horizons perdus »
(Éditions du Canoë, 2025)
Une lecture-présentation de Jean Pichard
Le samedi 13 septembre 2025 à 19 h à la librairie (sur réservation)

Éric, rencontré à Port Tudy sur l’île de Groix où le narrateur a ses racines et revient chaque été, rêve de tout larguer et de partir sur l’océan pour ne plus jamais revenir. Il propose au narrateur de l’accompagner dans sa grande traversée, de quitter ce monde qui se désagrège à bord d’un voilier, le Marie Belle, qu’il affrète pour l’occasion. La décision s’impose progressivement devant les émeutes, les troubles de plus en plus récurrents et violents qui agitent Berlin où vit le narrateur qui prend soudain conscience que, n’ayant plus ni amis ni amours, il peut tenter l’aventure. Partout, le monde se décompose rapidement : l’essence devient rare, les rationnements apparaissent, la violence se répand.
Ce roman projette le lecteur dans un monde post-technologique, quand les pannes informatiques, les tensions et les guerres nous mettent à la merci de nous-mêmes sur une planète transformée en champ de ruines. La fuite sur les océans dans un navire à voiles, sans aide de radios ni GPS, avec la seule science des anciens navigateurs, est-elle possible ? Même si elle se suffit à elle-même, est-elle une issue si Ulysse ne trouve plus Ithaque ?

Photo © Ralf Klingelhöfer
Né dans l'Ouest de la France, Jean Pichard vit à Berlin depuis les années 1980. Il se consacre à l’écriture après avoir exercé différents métiers dans l’enseignement, le bâtiment, l’informatique et la photographie, une autre de ses passions. Il a beaucoup écrit mais peu publié. Les Horizons perdus, son premier roman, aurait dû paraître en 2017 aux Éditions de la Différence. L’arrêt brutal des activités de cette maison d’édition ne le permit pas. Le revoici au Canoë huit ans plus tard, et son texte n’a pas pris une ride. Entre-temps, il a publié au Canoë un conte, Lisbonne disparaît, en 2018, et une rêverie sur Böcklin en 2021, L’Île des morts.
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Jadis, en des temps très anciens, c’est sur des canoës que circulaient et se transmettaient poèmes, histoires, contes et légendes. Les Éditions du Canoë entendent s’inscrire dans ce sillage. Suite au dépôt de bilan des Éditions de la Différence en juin 2017, leur directrice Colette Lambrichs décide en septembre 2017 de fonder seule une petite maison d’édition où elle puisse poursuivre un travail éditorial commencé il y a plus de quarante ans.
Entrée 8 € / 4,50 €
Sur réservation !
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